Ministère du Pétrole : bras de fer entre la DGEL et sa hiérarchie

Le climat social s’alourdit au sein du ministère du Pétrole et du Gaz. Depuis ce mardi, les agents de la Direction Générale des Études et Laboratoires (DGEL) observent un mouvement d’humeur pour protester contre une gestion jugée inique et des conditions de travail précaires.
Les couloirs de la DGEL résonnent désormais au rythme des revendications. Vêtus de leurs blouses professionnelles, les techniciens et agents administratifs ont décidé de croiser les bras pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « mépris systémique ». Malgré le respect des procédures légales, notamment le dépôt d’un préavis et le maintien d’un service minimum, les grévistes pointent du doigt une rupture de dialogue avec leur Direction Générale.
Selon les porte-paroles du mouvement, qui ont requis l’anonymat par crainte de représailles, la réorganisation des services entamée en 2021 n’a pas porté les fruits escomptés. Au contraire, elle aurait accentué le sentiment d’exclusion d’une partie du personnel.
Un cahier de charges en seize points
Si la plateforme revendicative est dense, trois piliers se dégagent des seize points inscrits au cahier de charges :
• Équité salariale : Le reclassement immédiat au groupe 1 de la Prime de Performance Budgétaire (PPB) pour corriger des disparités jugées injustes.
• Régularisation administrative : L’intégration à la Fonction Publique d’agents cumulant plus de dix ans de service dans une situation de précarité statutaire.
• Modernisation technique : Un investissement urgent dans les équipements de laboratoire, devenus obsolètes ou insuffisants.
Des accusations de répression
Au-delà des questions financières, c’est la méthode de gestion de la hiérarchie qui est fustigée. Les grévistes font état de mesures de rétorsion, incluant des suspensions et des tentatives d’intimidation. Un incident récent, impliquant le retrait forcé de banderoles syndicales en présence d’un huissier, a particulièrement cristallisé les rancœurs, les agents y voyant une entrave flagrante au droit de grève.
L’appel au dialogue social
Cette paralysie survient alors que le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a récemment exhorté ses ministres à privilégier la concertation pour apaiser le front social. Si les agents placent leurs espoirs dans l’arbitrage du ministre de tutelle, ils préviennent toutefois que le mouvement pourrait se durcir si les sanctions ne sont pas levées et si des réponses concrètes ne sont pas apportées. À l’heure actuelle, ni la Direction Générale de la DGEL ni le cabinet du ministre n’ont souhaité s’exprimer officiellement sur ce conflit.



